Naturomag Juillet 2013

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Naturomag juillet 2013

Naturomag Juin 2013

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Sortie Botanique

Notre stage Introduction à la botanique, qui s’est déroulé du 24 au 26 Mai dernier, a permis à nos naturopathes en herbe de découvrir les richesses de la nature en arborant des milieux de culture très différents.

La première journée a permis de découvrir les plantes de marais  et des digues dans la zone des Misottes à Esnandes (17137).

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Observation de nos trouvailles en salle de cours avec les loupes binoculaires et étude des familles botanique en observant leurs principales caractéristiques.

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Nous poursuivons ce stage, le lendemain, par la visite du parc privé du domaine de La Richardière à Marsilly (17137), où nous sommes accueillis à bras ouverts par la propriétaire des lieux Madame Jane Ann.

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La troisième journée de notre stage, est consacrée à l’observation des algues, des plantes présente au niveau des pré salés et pour finir, une pointe de géologie avec l’observation des strates au niveau des falaises. Le site d’observation se trouve Pointe Saint Clément à Esnandes (17137).

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Un pique nique sur la plage terminera cette sortie avant le retour en classe, où notre professeur, Solange Julien, nous attends de pied ferme pour la partie théorique de ce programme bien chargé…..

Catherine PICARD

Candidose, dysbiose et maladies inflammatoires chroniques: un point sur leurs interactions.

«  Le microbe  est rien mais le terrain est tout ! ». Ce vieil adage repose sur deux opinions contradictoires, l’une prônant la suprématie du microbe l’autre du terrain dans la genèse des maladies. En réalité, il existe une interaction de l’homme avec son milieu, exigeant pour notre organisme une perpétuelle adaptation à ce dernier. Les réactions de notre système immunitaire dont l’inflammation est le premier stade, font partie de nos stratégies d’adaptation et donc cette interaction permanente avec le milieu dans lequel nous vivons.

Les candidoses chroniques sont un des sujets phares dont de nombreuses informations aux contenus des plus variés voire même contradictoires se côtoient. Nous allons ici tenter de faire le point sur ces nombreuses allégations et de faire un lien, le plus objectif possible, avec le peu de données fiables dont nous disposons sur le sujet actuellement.

Tout d’abord, qui est Candida albicans ?

Candida albicans est une levure, champignon unicellulaire dont la multiplication est rapide dans un milieu riche en amidon, en sucre et dans un milieu acide (ph 4). 9 espèces de candidas sont connues dont 6 ont une pathogénicité pour l’être humain dont Candida albicans. Il existe des champignons levures et d’autres filaments. Candida albicans a pour particularité de passer de la forme levure, à la forme filament appelée hyphe ou mycélium. Ce dysmorphisme lui permet d’échapper aux mécanismes de défenses de notre immunité cellulaire. Ainsi du passage d’une forme à l’autre, il est capable de modifier ses sécrétions enzymatiques afin de s’adapter à un milieu devenu pour lui défavorable. Ces dernières lui permettent de s’infiltrer via les muqueuses dans les vaisseaux sanguins et lymphatiques et diffuser alors hors de l’intestin. Il est en outre capable de sécréter des toxines (79 recensées mais aucune référence fiable n’ a permis de le confirmer à ce jour) provoquant une réaction antigénique et un conflit immunitaire visant à fabriquer des anticorps contre ces antigènes.

Selon le Dr Philippe Gaston Besson, il existe deux stades d’invasion :

–          Un stade digestif : le tube digestif est un réservoir naturel de Candida albicans, naturellement présents sous forme de levure saprophyte au sein de notre écosystème intestinal et considéré comme hôte normal par notre système immunitaire. De nombreux facteurs, que nous détaillerons ci après, peuvent déséquilibrer l’harmonie de notre microbiote favorisant le changement d’état du Candida albicans. La colite intestinale, les troubles digestifs sont des symptômes banaux, non spécifiques, traduisant une perturbation intestinale.

–          Migration vers d’autres sites, essentiellement la peau et les muqueuses : muguet buccal, mycose vaginale, affections systémiques ou respiratoires peuvent être en lien avec une candidose. Il se pourrait également que ces affections locales puissent se développer dans un climat qui leur est favorable, par contamination extérieure, indépendamment d’une atteinte intestinale.

C’est cette capacité migratoire à partir d’un intestin poreux, de type ubiquitaire (qui peut être à différents endroits à la fois et sans affinité pour une cible particulière) qui fait que Candida albicans serait considéré, bien qu’il n’existe là encore aucune preuve scientifique, comme le suspect numéro un dans de nombreuses affections comme les maladies auto-immunes, la fibromyalgie, la fatigue chronique…..

Candida albicans est sensible à de nombreux anti-fongiques, d’où leur efficacité en cas d’affection aigue en milieu hospitalier par exemple, où les candidoses sont très souvent observées chez les personnes immunodéprimées ou suite à des traitements lourds par corticothérapie, antibiotiques ou chimiothérapie anticancéreuse.

Le dépistage se fait par la mise en culture du champignon par prélèvement soit d’un échantillon de selle pour les affections digestives ou de lésion cutanée ou muqueuse pour les formes extra-digestives. Une recherche sur échantillon peut toutefois s’avérer négative mais globalement, si le prélèvement et la mise en culture sont effectués dans de bonnes conditions. C’est un examen visuel au microscope reposant sur l’unique compétence de l’examinateur. L’étude épidémiologique à partir de cet examen, ne confirme pas la très grande fréquence de cette affection. Il existe des questionnaires (Crook, Besson permettant d’évaluer un facteur de risque de candidose pour les formes chroniques. Le test au verre, très utilisé par les praticiens de santé naturelle, n’a reçu à ce jour aucune homologation mais s’il n’est pas spécifique d’un germe particulier, est un marqueur de déséquilibre de la flore intestinale. Bien que non reconnue médicalement, la mise en évidence d’une candidose chronique nécessite des examens plus approfondis tels qu’une Intra-dermo-réaction (IDR Candidine) etTest d’activation lymphocytaire (Melisa) ayant seuls à ce jour, une corrélation significative avec une candidose chronique.

Pourquoi ces affections peuvent prendre un caractère récidivant, devenir chronique et initiatrices d’inflammation chronique ?

Afin de répondre à cette question, parlons de notre microbiote et de son équilibre plus que délicat.

Notre intestin habite quelque 100 000 milliards de bactéries appelé microbiote intestinal. Considéré aujourd’hui comme un organe à part entière, ces microorganismes ont des rôles fondamentaux dans l’organisme :

– Régulation du transit,
– Synthétise des vitamines : B1, B2, B6, B9, B12, la vit K, des enzymes,
et métabolise des hormones,
– Empêche les germes pathogènes de se fixer sur la muqueuse :
c’est l’effet barrière qui joue un rôle de défense,
– Activation des phyto-œstrogènes de soja du traitement
naturel lors de la ménopause, ainsi que bien d’autres substances médicamenteuses ou non,
– Dégradation des FOS (Fructo-Oligo-Saccharides) et autres fibres et amidons résistants , permettant la  synthèse du N- butyrate dans le colon, qui favorise le développement d’une muqueuse de bonne qualité et protège la muqueuse du cancer du colon,
– Participe à la digestion car les bactéries possèdent elles aussi
beaucoup d’enzymes.

Notre flore intestinale est composée d’une flore dominante saprophyte et d’une flore de passage constituée essentiellement des bactéries issues de notre alimentation.

Le microbiote intestinale est spécifique de chaque individu  et évolue de l’enfant à l’adulte et sa diversité de composition augmente avec l’âge et ce dans toutes les populations. Le pays de naissance a également une incidence sur la composition précoce du microbiote fécal.

Néanmoins il existe un noyau phylogénétique partagé par 90% de l’espèce humaine. 10% seulement, font notre spécificité en tant qu’individu.

Cette différence de composition va se traduire par une différence de fonctions.

Le microbiote fécal de l’adulte européen est composé de deux grandes familles  de bactéries : les Firmicutes et les Bactéroidètes. Il existe un ratio entre Firmicutes et Bactéroidètes. Cet équilibre est également dépendant de l’écologie du système, soit en grande partie de son environnement. Par exemple, chez les personnes obèses, les études montrent une forte augmentation de la population de Firmicutes . La mise au régime d’un groupe de population obèse a permis de rééquilibrer le ratio à partir d’une perte de 6% du poids.

Il a été observé une différence de composition entre le microbiote de sujets sains et les patients atteints de Maladies inflammatoires chroniques du colon (MICI). Le Clostridium Leptum, appartement au groupe des Firmicutes est plus élevé chez les sujets sains que chez les personnes atteintes de maladie de Crohn.

Dans les SPA (Spondylarthrite ankylosante), une étude a montré un lien entre le microbiote intestinal et la surexpression d’IL-23 (interleukine 23) intervenant dans la réponse inflammatoire.

Microbiote intestinal et obésité Dr Gérard CORTHIER Unité Ecologie et Physiologie Système Digestif, INRA, Jouy en Josas

La cohabitation entre ces nombreuses populations bactériennes reste très fragile. La flore saprophyte dite probiotique domine la flore pathogène, qu’elle maintien sous contrôle, à condition qu’elle soit suffisamment développée. Pour ce faire, les bactéries ont besoin de carburant, donc de fibres.Tant que cette dernière domine, tout va bien.

http://www.probaclac.ca/fr/informations/

Candida albicans change de forme lorsque cet équilibre est perturbé, et comme les autres bactéries pathogènes, va générer une réaction antigénique, provoquant une réponse immunitaire de type inflammatoire.

Il existe une interactivité entre le développement de Candida albicans et l’inflammation chronique se concluant par un cercle vicieux :

D’une part, Candida albicans, par le développement de ses enzymes creusent la paroi de la muqueuse en vue de s’infiltrer dans les circuits vasculaires et lymphatiques perforant  cette dernière. D’autre part, l’inflammation elle-même, entraîne une porosité intestinale par dégradation de la muqueuse qui devient dysplasique, alors les levures se développent pour colmater les « trous », aggravant et entretenant ainsi la dysbiose, au profit des levures comme Candida albicans.

Il semblerait que la présence de Candida albicans sous forme pathogène soit plus une conséquence qu’une cause et d’avantage considéré comme un marqueur de déséquilibre de notre écosystème intestinal ou dysbiose.

Quels sont les causes de cette dysbiose ?

La dysbiose s’installe par excès ou par manque de bactéries.  Notre alimentation influence particulièrement la flore. Tout excès de sucre ou manque de fibres agit sur la flore de fermentation, l’excès de viandes ou un hyper catabolisme protidique, sur la flore de putréfaction. L’alimentation moderne trop riche en sucres raffinés et en protéines animales perturbe donc notre flore. D’autre part en cas de mastication insuffisante, ou bien de sécrétions enzymatiques insuffisantes, des aliments partiellement digérés arrivent dans le colon entraînant fermentation et putréfaction en excès.

Au problème alimentaire s’ajoute le problème de médicaments, d’antibiotiques qui détruisent notre flore saprophyte qui n’assure alors plus son rôle de contrôle de la flore pathogène. Le stress prolongée entraîne une production importante de cortisol entrainant une recapture excessive de la sérotonine et par la même des troubles de la trophicité intestinale : déverrouillage des jonctions serrées, délitement du cytosquelette des entérocytes et hyperperméabilité intestinale. 100 millions de neurones sont présents au niveau de l’intestin. La sérotonine est produite à 80-95% par les cellules entéro-intestinales. Cette dernière régule l’inflammation et stimule les cellules NK de notre système immunitaire. L’intestin contient à lui seul 60 à 70% de nos cellules immunocompétentes. La destruction de la muqueuse intestinale peut donc entraîner de graves conséquences en termes d’immunité avec risque majeur de voir se développer des maladies inflammatoires et dégénératives de tout type.

Le développement Candida Albicans et autres germes pathogènes dans l’intestin n’est donc qu’une conséquence mais pas une cause. En revanche, ces derniers entretiennent un conflit immunitaire permanent et une porosité intestinale en lien avec l’inflammation, qui reste notre principale réaction de défense contre ces bactéries.

La médecine classique propose de tuer le champignon. Or, le simple fait de neutraliser l’intrus ne résout en aucun cas le problème de fond qu’est la dysbiose intestinale.

Les approches naturelles de santé proposent en outre, une démarche de restriction alimentaire très stricte et de longue durée (6 à 12 mois) dont le but est de couper les vivres à la bactérie. Ces régimes excluent le sucre raffiné, le miel, le sirop d’Erable, les levures, les amidons, les produits laitiers en raison de la présence de lactose, les fruits riches en citrates, les fruits secs, les produits fermentés, l’alcool, le chocolat, les produits transformés, les produits riches en gluten, les viandes contenant des antibiotiques, les poissons nourris avec des farines….

Couper les vivres de la bactérie mais aussi celles de la personne est-elle  une solution durable ?

Considérons la manière de s’alimenter de la majeure partie des individus dans notre pays.

On constate que la majorité des personnes, hommes et femmes confondus consomment peu de glucides mais avec une forte proportion de saccharose et de sucres à index glycémiques élevés, trop de protéines, en particulier animales et trop de graisses, essentiellement saturées.

Les féculents sont en majeure partie raffinés, dépourvus de fibres et de vitamines du groupe B. L’apport de fibres moyen par jour de la population est de 14g/jour alors que les apports conseillés sont de 25 à 30g/jour. Les carences d’apport en vitamines B et en particulier B1, B6 sont fréquentes. La carence en fibre est le facteur de risque majeur de dysbiose le plus courant.

Avant de proposer un régime drastique de longue durée, n’est –il pas préférable de ramener progressivement la personne à l’équilibre alimentaire avec une alimentation de type méditerranéenne, anti-inflammatoire ? Les régimes restrictifs sont désocialisants et produisent des carences notamment en vitamines du groupe B lors de l’éviction totale du gluten. Ces recommandations ne devraient être décidées qu’au cas par cas, sous surveillance médicale et en fonction du degré de sévérité de l’entéropathie et des maladies associées (maladies rhumatismales chroniques, MICI….)

Accompagner une personne atteinte de candidose chronique nécessite une approche globale de santé permettant d’envisager une prise en charge sur plusieurs niveaux, en s’intéressant aux différentes causes afin d’éviter les récidives et l’installation d’une inflammation chronique :

–          Eliminer le Candida Albicans et autres germes pathogènes : L’extrait de Pépin de pamplemousse s’avèrerait le plus efficace. Les huiles essentielles s’avèrent être particulièrement intéressantes dans la mesure où elles ciblent leur activité antibiotique sur la flore pathogène, en respectant la flore résidente ; d’autres part, les huiles essentielles possèdent environ 250 composés chimiques actifs diminuant le risque de résistance. Ces produits de santé naturelle peuvent être alternatifs ou complémentaires à l’allopathie en cas de résistance. L’homéopathie peut proposer une isothérapie spécifique en complément de l’action curative. L’acide caprylique, acide gras extrait de la noix de coco a montré une activité antifongique intéressante sur Candida albicans.

–          Restaurer le muqueuse intestinale avec des éléments nutritifs pour l’entérocyte comme la glutamine par exemple, son principal carburant ;

–          Rééquilibrer la flore par l’apport de probiotiques mais également de prébiotiques, les fibres représentant la nourriture des bactéries ;

–          Apprendre à mieux gérer le stress par des approches psycho-émotionnelles, cognitivo-comportementales et/ou énergétiques ;

–          Rééquilibrer l’alimentation en favorisant l’équilibre entre protéines (0.8 à 1g/kilo de poids avec un rapport protéine animale/protéine végétale de 1,6), lipides (30 à 35%  avec un rapport oméga6/oméga 3 de 5), glucides (50 à 55%). L’alimentation sera de préférence hypotoxique en évitant les produits transformés, les sucres raffinés, les farines blanches dépourvues de minéraux et de fibres, et, favorisant les acides gras polyinsaturés, les légumes et les fruits, les poissons et en limitant au maximum les graisses saturées (10% maximum de l’apport énergétique total) et le saccharose (pas plus de 10% de la ration de glucides total). La réintroduction des fibres devra être progressive, en privilégiant en premier lieu les fibres solubles comme le seigle, l’avoine ou le psyllium (Ispaghul).

–          Eliminer les aliments à risque antigénique : les mauvais laitages (industriels car ce sont des produits transformés : UHT, homogénéisation, pasteurisation…), le blé, le glutamate mono sodique (exhausteur de goût largement utilisé), le gluten de synthèse utilisé dans les préparations boulangères industrielles.

–          Soutenir les enzymes digestives en cas d’insuffisance gastrique, pancréatique, biliaire…

–          Veiller à une mastication suffisante.

–          Soutenir et drainer le foie

–          Soutenir le système immunitaire

–          Limiter les médicaments à ceux qui sont strictement nécessaires ainsi que les toxiques comme le tabac et l’alcool.

En conclusion, retenons que la présence d’une candidose chronique serait le signal d’alarme d’un problème de fond plus sérieux, la dysbiose, générant une hyperperméabilité intestinale initiatrice d’une inflammation chronique pouvant s’étendre de manière ubiquitaire à de nombreux tissus organiques avec risque de dégénérescence. L’intestin n’est-il pas le carrefour de notre destin comme l’écrit le Dr Philippe Fievet ? Aucune preuve fiable à ce jour mais le débat lancé depuis un grand nombre d’années par le Dr Kousmine, puis ensuite par le Dr Seignalet  commence à interpeller la communauté scientifique puisque le dernier congrès de Rhumatologie EULAR 2013 qui s’est tenu à Madrid en juin dernier, fait état de l’implication de germes intestinaux dans la genèse de certaines maladies rhumatismales comme le SPA.

Sources :

Microbiote intestinal et obésité Dr Gérard CORTHIER Unité Ecologie et Physiologie Système Digestif,INRA, Jouy en Josas

La candidose, une maladie de notre siècle Dr Ph G Besson Extrait du livre : « Je me sens mal, mais je ne sais pas pourquoi » – Editions Trois Fontaines


Le microbiote intestinal humain et son impact sur la santé J.Marc Chatel

 UE5 Hepato-Gastro-Enterologie, Paris, le 03 décembre 2012

 

Spondylarthrite : Implication de l’intestin et effet des AINS

Rhumatos Juin 2013 n° 89 volume 10